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DELPHINE COUTANT


Comme la marée

 

Par Daniel Pantchenko


Funambule de l’intime et de l’existentiel, Delphine Coutant manie les mots à voix douce sur des mélodies finement découpées. Nature et obstinée comme La Marée, le titre de son troisième album.

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Née à Nantes, elle a grandi et vit encore dans cette ville attachée au nom de Barbara que certaines de ses chansons rappellent (Je reviens, Si la vie) et d’autres pas du tout. « Autant essayer d’avoir une singularité, dit-elle ; sinon ce n’est pas la peine de créer ! » Entre une grande sœur, une petite et un frère cadet, elle s’est tout de suite sentie attirée par l’artistique (dessin, danse, écriture) mais le « carcan de l’école de musique » lié à dix années peu passionnelles de violon brouille alors les pistes d’une vocation que des parents férus de chansons avaient pourtant ensemencée (ah cet « enfant sans mémoire » de La Planète des fous de Leny Escudero !).

À Saint-Nazaire, Nantes et Paris, ses études la conduiront ainsi à un bac scientifique, deux saisons de classe cinéma/audiovisuel, une incursion en fac de lettres, quelques velléités de devenir « instit’ »… avant qu’elle ne débute sur les planches en 1995 comme violoniste dans différents projets.

Courant 2001, poussée par ses amis Daniel Trutet (violoncelliste) et Hugues Pluviôse (auteur-compositeur-interprète, pianiste et guitariste), elle décide de monter un trio avec eux : « Dès l’enfance, quand j’ai découvert les livres au CP, j’ai commencé à mettre des mots bout à bout, mais je n’ai commencé à écrire des chansons qu’à cette époque-là ; cela ne me semblait pas pour moi, j’étais beaucoup trop timide pour assumer une de mes créations sur scène. » Travaillant désormais le piano et la guitare, elle s’y résout pourtant et l’album Alouette sort en septembre 2002 [cf. Chorus 43, p. 49] sur la houlette de l’association de Saint-Nazaire Les Martins Pêcheurs.

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Sélectionnée aux Découvertes 2003 du Printemps de Bourges et du festival Alors… Chante ! de Montauban, elle décroche le label « Région en scène » Pays de la Loire en 2004, prépare un nouveau spectacle avec Hugues Pluviôse et sort un deuxième album à l’automne 2005, Comme le café empêche de s’étendre, dont les arrangements tranchent avec le classicisme du précédent : « Dans le premier, j’avais voulu tout contrôler ; là, j’ai eu envie de travailler avec d’autres gens, de leur laisser une grande place dans les arrangements. C’est une question d’oxygène. Je crois que j’ai le goût des expériences variées. »

Néanmoins, dans l’attachant petit dernier paru fin 2008, La Marée [cf. Chorus 68, p. 46], Delphine a pratiquement tout réalisé elle-même avec ce mélange de détermination et d’apparente fragilité qui la caractérise. D’ailleurs, savez-vous à quoi elle pense déjà ? À son prochain album, dont elle devrait avoir écrit une bonne partie durant l’été quand vous lirez ces lignes !

(Daniel Pantchenko, photos F. Vernhet)

 

Contact scène : Les Martins Pêcheurs, BP 303, 44605 Saint-Nazaire cedex (tél. 02 40 17 01 47 ; http://les.martins.pecheurs.free.fr).