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 GARANCE

 
Chansons de gestes, noires et roses


Par Michel Trihoreau

Amour et humour finissent comme mourir commence. On peut conclure, après avoir vu Garance en scène, que la vie est une farce tragique et que l’humour est le meilleur véhicule pour la traverser. Il laisse cependant toute liberté au spectateur, tant ses pirouettes textuelles et gestuelles ouvrent à la réflexion les portes du vagabondage.

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Mais qui donc est « Garance » ? Né la veille du 11 novembre 1970 à Toulouse avec un frère jumeau, Marc Maurel conserve de son enfance des souvenirs de colos colorées et chantantes, des clubs de théâtre d’écoles et collèges, et des chansons que maman écoute à la radio et dont il s’amuse à changer les paroles. Bien plus tard, Gene, sa prof de Français, lui révèle ses dons artistiques et lui fait découvrir Brassens, Brel, Ferré… « Elle m’a aussi appris à penser par moi-même, ce qui n’est pas rien. » Son BTS le conduit à l’industrie du bois, dont il sort pour faire, douloureusement, le conservatoire d’art dramatique de Toulouse où Maurice Sarrazin l’encourage à persister. « Puis, je me suis inscrit à la fac de Lettres du Mirail en me disant que ce que Gene avait fait pour moi, je le ferai pour tous les élèves qui me tomberaient entre les mains. » Mais en 1995, René Gouzenne l’accueille sur la scène de la Cave Poésie avec une guitare : Garance est en gestation.

Il va naître en 2004 avec la rencontre de Jérôme Abadie, pianiste-compositeur inspiré, sous la forme d’un duo aussi complice qu’expressif. Marc façonne ses textes, joue avec l’espace, sans emphase, le geste est juste comme le ton de ses chansons, jusqu’aux limites du délire. altJérôme conduit son piano, l’œil rivé sur les dangers auxquels Marc s’expose tant dans le contenu que dans la forme. Le public retient son souffle, rit bien, applaudit fort. C’est gagné.

On les remarque en 2006 au festival Détours de Chant, à Toulouse, en première partie de Loïc Lantoine, puis en 2008 lors d’un hommage à Anne Sylvestre où ils reprennent J’attends. Finalistes au Pic d’Or de Tarbes (avec Le Mannequin, chanson à risque où Marc entre avec succès dans la peau d’un top model tragique), Prix de la Sacem au Carrefour de la Chanson de Clermont-Ferrand, remarqués par les professionnels, les deux compères ne comptent pas s’endormir sur leurs jeunes lauriers. Un DVD enregistré au Chapeau-Rouge marque une première étape.

Sans tomber dans la chanson théâtralisée, Garance veut utiliser toutes les ressources de l’expression à bon escient, fuyant le formatage et la culture des sons dépourvus de sens. Le spectacle Chantropophage en témoignera bientôt : nouveaux textes et nouvelle aventure musicale avec un troisième larron multi-instrumentiste, Loïc Laporte. Mais toujours le même travail sur le corps et la voix. « La voix, c’est essentiel, absolument essentiel à la chanson, assure Marc. De même que de jolies mélodies, des vraies, avec de jolies notes et tout et tout... »

(Michel Trihoreau, photos DR)

Contact scène : Sandrine Marrast, ArtScenica, 225 av. de Lardenne, 31100 Toulouse (06 61 83 06 20 ; www.garance-chante.fr).