PDF Imprimer Envoyer

MANU LARROUY

L’engagé léger

Par Caroline Collard


Textes limpides et mélodies qui restent en tête. Le nouveau « mec à la coule » de la chanson française préfère l’évidence à l’originalité... et a le plaisir communicatif.  

 

Sourire franc, belle gueule et allure juvénile, Manu Larrouy (comme la rouille) a l’air heureux de ce qui lui arrive : à savoir la sortie de son premier album, Mec à la coule [cf. Chorus 68, p. 36] et le début de ce qu’il aimerait être une belle carrière. Ces derniers mois, buzz Internet et Le Mouv’ aidant, il n’a pas hésité à aller à la rencontre du public dans un « van », donnant de mini-concerts improvisés dans différentes villes de France, tant l’envie de jouer et chanter semble forte chez ce garçon de trente-quatre ans qui a le sentiment d’avoir déjà fait beaucoup de musique. Il a neuf ans lorsque sa mère – qui tient alors une boutique au Forum des Halles – l’envoie chez un voisin rocker pour qu’il lui apprenne à jouer de la guitare. Il ne la lâchera plus !

alt

 

De retour à Toulouse, sa ville natale, premiers groupes, concerts dans les bars et surtout écriture de chansons (d’amour beaucoup !), l’apprentissage se fait au fil des années et des rencontres jusqu’à l’enregistrement d’un album autoproduit en 2003. Comme pour beaucoup, c’est le chantier des Francos qui est déclencheur. « Découverte » en 2006, il n’y jouera finalement qu’à l’été 2007, après plusieurs mois d’immobilisation suite à un accident. Manu positive : « Ce repos forcé m’a fait changer d’état d’esprit. Avant j’étais très volontaire, très dynamique. Je me suis aperçu que je courais après quelque chose que j’avais déjà. J’ai décidé de laisser davantage les choses venir à moi. C’est de là que vient le Mec à la coule, chanson titre de l’album. »

« À la coule » est une vieille expression populaire qui signifie être au courant, averti, affranchi aussi. Avec ce titre, Manu se sent « engagé personnellement » plutôt que politiquement, même si le déclencheur est une réaction à « la France de droite, celle qui se la pète ». À ceux qui s’émeuvent qu’il puisse chanter n’être « ni pédé, ni juif, ni fils de, ni franc-mac, ni rebeu, ni black », il répond : « C’est simplement l’histoire de quelqu’un qui veut exister sans étiquette. »

Facilement inspiré mais exigeant, Manu écrit sur de grands cahiers à petits carreaux, « par périodes ou sessions presque obsessionnelles », paroles et musique ensemble, attentif aux sonorités. Il fait tout pour que ses chansons paraissent évidentes pour l’auditeur. Finalement signé chez Motown par Diam’s, c’est dans cet esprit qu’il a envisagé l’album enregistré à Londres à l’été 2008. Entre reggae, pop-rock et folk, les titres parlent encore beaucoup d’amour et jouent avec les mots et les styles.

Manu devrait maintenant s’adonner au plaisir de la scène (avec Julien Brandwijk à la batterie et Pierre le Bourgeois au violoncelle) et continuer à écrire pour d’autres interprètes (il a écrit le premier simple de Maya Barsony)... uniquement féminines : « Quand c’est pour les garçons, je les garde pour moi ! » s’amuse-t-il.

(Caroline Collard, photo F. Vernhet)

 

Contact scène : Pyr Prod. 32 bd Carnot, 21000 Dijon (03 80 66 77 66 ; www.manu-larrouy.com).