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MONSIEUR ROUX

Quatre Rennais dans le vent

Par Stéphanie Thonnet

Il a suffi d’un succès, Petit Rasta, repéré par les radios à l’été 2007, pour que les Rennais de Monsieur Roux passent de leur bonne réputation locale à un excellent bouche à oreille national. Après Ah si j’étais grand et beau… [cf. Chorus 60, p. 84], premier album écoulé à plus de 30 000 exemplaires, ils ont redonné de leurs nouvelles en juin dernier avec Un été caniculaire [cf. Chorus 68, p. 50] riche en bonnes surprises.

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« Les chansons de Monsieur Roux, c’est comme des bonbons au poivre : doux en apparence mais piquant à l’intérieur », s’amuse à comparer le batteur du groupe, Norman Beatman (alias Matthieu Lésiard). Depuis le premier album, Erwan Roux a aiguisé sa plume et n’a pas lésiné sur le poivre : coups de pied aux fesses du « cow-boy bling bling aux allures de gangster », distribution des prix à « Jean-Pierre Pernault, saint patron des cons », entre autres chansons grinçantes, l’air de rien, au détour d’un vers. « Cette évolution s’est faite naturellement, explique l’auteur-chanteur. Peut-être que, comme au début on n’a pas trop confiance en soi, on se cache un peu derrière l’humour. Là, j’ai moins ressenti le besoin de le faire. Il y en a encore, mais aussi des phrases assassines ! »

Voix éraillée, ukulélé et chansons à tiroirs, il y a du Fersen chez ce monsieur, qui l’admet : « C’est vrai que Thomas Fersen a tendance à me copier ! C’est quelqu’un que j’ai pas mal écouté, mais curieusement il était moins dans mes influences pour le second album que Tom Waits, dont les chansons ont aussi des personnages étranges et un univers un peu absurde. » Autres références, les Beatles et Renaud sont cités à l’unanimité quand on interroge les membres du groupe. C’est en 2004 que Jauni Bernardo (Bertrand Thépaut, harmonica) puis Brandon Michel (Kevin Granier, contrebasse) ont rencontré Erwan, éducateur spécialisé dans le civil, « un peu par hasard, en bœuffant », alors qu’il jouait tout seul dans un bar de Rennes. « On faisait tous de la musique, mais à un niveau départemento-local, voire communal ! »

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Le petit dernier, le batteur Norman Beatman, a été recruté il y a un an grâce aux recettes du premier album : « On a voulu se faire plaisir, et son arrivée nous a ouvert de nouvelles perspectives musicales. » Alors que le premier album (autoproduit en 2005 puis ressorti en mars 2007 chez Atmosphériques) avait été enregistré dans un petit local, ils se sont aussi offerts cette fois les services d’une pointure : le réalisateur Bruno Green, un Rennais vivant au Québec, qui les a fait travailler dans un studio… bruxellois !

Deux ans après le succès de Petit Rasta, les quatre Rennais, producteurs de leur musique via leur société Riches et Cons Productions, savent que tout reste à faire avec ce nouvel opus. Ils cherchent aujourd’hui à multiplier les concerts, où ils explosent, tantôt rastas, tantôt marins, tantôt cow-boys, mais jamais bling bling !

(Stéphanie Thonnet, photos F. Vernhet)


Contact scène : Yapucca Productions, 10 rue Jean-Guy, 35000 Rennes (02 99 67 63 31 ; www.monsieurroux.com).