Imprimer

FLORIAN MONA

Quand la pop est poétique

Par Michel Troadec

On n’a pas encore trop entendu le Rennais sur les ondes. Pourtant, son premier album, paru le printemps dernier [cf. Chorus 68, p. 50], dévoile son lot de chansons craquantes.

Le fin observateur de musique n’a pas manqué de noter que sur la carte de France de la pop, il y a une ville qui marque des points depuis quelques mois. C’est Laval, capitale de la Mayenne. Une belle endormie que quelques formations sont en train de réveiller. On a d’abord remarqué La Casa, dont les radios n’ont pas manqué de diffuser Go go go. Et on vient de repérer Archimède, duo composé des frangins Boisnard. Auparavant, ça ne se bousculait pas. On avait tout de même entendu, le temps de deux albums, les jolies chansons de Maël. Son batteur s’appelait Florian Mona et on entre ainsi dans le vif du sujet. De la transformation, en quelques années, d’un batteur en chanteur, mais aussi auteur, compositeur, guitariste, claviériste…

Florian Mona est issu de la vague des jeunes groupes pop-rock lavallois des années 90, qui chantaient le plus souvent en anglais. Ses groupes à lui s’appelaient Twirl Comics, puis Mona Rica qu’il monte après trois ans passés avec Maël. « On créait beaucoup de choses à Laval. Moi, j’écrivais en français depuis pas mal de temps, mais je n’assumais pas du tout mes textes. Un problème d’identité. Avec Mona Rica, on faisait du folk urbain, en y intégrant des platines. Je suis devenu chanteur. Je me suis dit que si des mecs comme Miossec chantent, je le pouvais aussi... En chanson, j’aime des choses assez décalées, Joe Dassin et même Dalida. Je trouve que ça sonne, que sa voix donne des frissons. »

À ce moment de l’histoire, Florian veut changer d’air. Il part vivre à Rennes. Peu à peu, il développe un univers bien personnel, où son écriture plus poétique que réaliste mélange des images d’enfance, un côté bucolique, des aspirations écologiques… Il amorce un retour sur scène, cette fois en solo, sur la pointe des pieds, par des concerts dans les bars, quelques premières parties : « Mais je n’étais pas prêt. Pas assez rodé. »

Il a un côté rêveur, Florian, un côté pas pressé. Pourtant, il a vite tapé dans l’oreille de quelques professionnels de la musique. « J’ai quand même gardé mon rythme de création, peaufinant mes chansons dans mon petit home-studio. Je cherchais la couleur de l’album. Je l’ai trouvée en bricolant sur mon banjo, ma guitare folk, et de vieux claviers analogiques. J’ai une écriture assez cinématographique. J’aime poser des ambiances. J’aime aussi la forme couplets-refrain et le pari de faire naître une émotion en trois minutes. »

Il passe par le chantier des Francofolies de La Rochelle, qui le programme en 2007, non pas sur une scène découverte, mais au Cosy, la discothèque où se prolongent les nuits des Francos. Au Chorus des Hauts-de-Seine, il joue avec deux musiciens. Comme aux Transmusicales de Rennes, en 2008. Aujourd’hui, Florian Mona a un tourneur (Yapucca) qui l’encourage, une maison de disques (Naïve) qui croit en lui. Et un premier album franchement épatant.

(Michel Troadec)

Contact scène : Yapucca Productions, 10 rue Jean-Guy, 35000 Rennes (tél. 02 99 67 63 31 ; www.florianmona.com).